Monde Au Kenya, vent de violence après la réélection de Kenyatta

17:30  13 août  2017
17:30  13 août  2017 Source:   Challenges

Élections au Kenya : la peur silencieuse des habitants de Kibera, l'épicentre des violences post-électorales de 2007

  Élections au Kenya : la peur silencieuse des habitants de Kibera, l'épicentre des violences post-électorales de 2007 Au Kenya, des élections générales se tiennent mardi, 10 ans après les violences post-électorales de 2007 qui avaient fait 1 200 morts. Le bidonville de Kibera, à Nairobi, avait été l’épicentre des violences. © Fournis par Francetv info Dix ans après les pires violences électorales de l'histoire du Kenya, près de 20 millions de Kényans sont appelés aux urnes mardi 8 août pour les élections générales. Ils doivent élire leurs président, gouverneurs, députés, sénateurs, élus locaux et représentantes des femmes à l'assemblée.

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Au Kenya, vent de violence après la réélection de Kenyatta

La police kenyane a bien du mal à maîtriser la situation, alors que l'opposition conteste les résultats de la présidentielle. © Fournis par www.challenges.fr La police kenyane a bien du mal à maîtriser la situation, alors que l'opposition conteste les résultats de la présidentielle.

Des incidents ont éclaté depuis la proclamation de la réélection de Kenyatta, vendredi soir dernier.

Des violences postélectorales ont fait au moins onze morts au Kenya après la proclamation de la réélection du président sortant Uhuru Kenyatta, confirmée samedi matin par un groupe d'observateurs indépendants. Des manifestations se sont formées dans la ville de Kisumu, fief de l'opposition dans l'ouest du pays, ainsi que dans certains quartiers défavorisés de la capitale Nairobi, précisent des responsables kényans et des témoins.

Kenya : le président en tête, l'opposition rejette les résultats

  Kenya : le président en tête, l'opposition rejette les résultats L'opposition kényane a annoncé mercredi qu'elle rejetait les résultats provisoires de l'élection présidentielle donnant son candidat Raila Odinga nettement devancé par le chef de l'État sortant, Uhuru Kenyatta. Le chef de file de l'opposition au Kenya, Raila Odinga, a rejeté mercredi 9 août les résultats provisoires de l'élection publiés mardi soir par la commission électorale, qui attribuent au président sortant Uhuru Kenyatta 55% des suffrages. "Ils sont fictifs, ils sont faux", a-t-il dit lors d'une conférence de presse, ajoutant que la commission électorale n'avait pas respecté l'obligation de fournir les formulaires de certification des rés

Les corps de neuf jeunes gens, tués par balles au cours de la nuit dans le quartier de Mathare, bastion de l'opposant Raila Odinga, ont été transférés à la morgue de Nairobi, a indiqué un responsable des services de sécurité à Reuters. Ces morts sont intervenues lors d'opérations de la police contre des actes de pillage, a-t-il ajouté.

Selon un témoin, une jeune fille a été tuée par une balle perdue à Mathare lors de tirs sporadiques des forces de police qui intervenaient contre des manifestants. "La fille a été touchée par une balle perdue alors qu'elle était à son balcon et que la police tirait des coups de feu sporadiques", a dit ce témoin. Selon une source gouvernementale, les violences ont fait un autre mort, un homme tué dans le district de Kisumu, foyer des graves violences postélectorales de 2007 qui avaient fait 1.200 morts et 600.000 déplacés.

Au Kenya, l'opposition défaite conteste les résultats de la présidentielle

  Au Kenya, l'opposition défaite conteste les résultats de la présidentielle Les résultats partiels publiés mercredi par la Commission électorale donnent le président sortant Uhuru Kenyatta largement en tête. Le candidat de l'opposition, Raila Odinga, crie à la fraude et affirme que le système informatique de vote a été piraté. À peine les premiers chiffres de la présidentielle connus, l'opposition kényane a contesté. Selon Raila Odinga, le challenger, les résultats partiels donnant une large avance au président sortant Uhuru Kenyatta seraient une «imposture». «L'élection kényane de 2017 est une fraude et cette fraude a affecté la crédibilité de cette élection.

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Coups de feu

À l'hôpital central de Kisumu, quatre personnes touchées par balles ont été admises dans la nuit de vendredi à samedi et six autres ont été battues par des policiers. Samedi matin, de nouveaux coups de feu ont été entendus à proximité de l'hôpital. Un journaliste de Reuters a constaté que les forces de sécurité faisaient de balles réelles de gaz lacrymogènes dans cette localité.

À Nairobi, la télévision kényane a filmé l'intervention d'unités de police, aidées par des canons à eau, dans les rues de Kibera, un autre bidonville favorable à Odinga.

Les incidents ont éclaté dès la proclamation de la réélection de Kenyatta, tard vendredi soir, par la commission électorale. Le président sortant a été crédité de 54,27% des suffrages exprimés mardi, contre 44,74% au chef de file de l'opposition. Kenyatta a appelé le peuple kényan à l'unité nationale et à la paix pour la période postélectorale.

Une "farce électorale"

L'opposition, qui a dénoncé une "farce" électorale, a contesté le déroulement du scrutin dans les heures ayant suivi la fermeture des bureaux de vote, Odinga affirmant que le système informatique de la commission avait été piraté.

Le Groupe d'observation des élections (Elog), dont 6.000 observateurs indépendants ont surveillé le déroulement du scrutin, a annoncé samedi matin que son propre décompte était conforme aux résultats proclamés par la commission électorale. Selon l'Elog, Kenyatta l'emporte avec 54% des voix. "Nous n'avons rien vu qui ait été délibérément manipulé", a déclaré lors d'une conférence de presse Regina Opondo, présidente du comité directeur de l'Elog.

(Avec Reuters)

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