France Automédication : la "liste noire" des médicaments à éviter selon 60 millions de consommateurs

18:05  14 novembre  2017
18:05  14 novembre  2017 Source:   Franceinfo

Automédication : quels médicaments peuvent être dangereux ?

  Automédication : quels médicaments peuvent être dangereux ? 60 millions de consommateurs a passé au crible 62 médicaments vendus sans ordonnance. Près de la moitié d'entre eux sont à proscrire, juge l'association.L'automédication n'est pas à prendre à la légère. C'est le message qu'a voulu faire passer 60 millions de consommateurs dans un hors-série sorti mardi 14 novembre. Ainsi, 45% (28 sur 62) des médicaments en vente libre étudiés sont à proscrire, juge l'association. Elle pointe du doigt les antirhume, notamment. Elle déplore un "cocktail de 2 à 3 composés actifs" (vasoconstricteur, antihistaminique, paracétamol/ibuprofène) qui "n'est pas justifié".

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Sur 62 médicaments passés au crible par le magazine, la majorité est jugée dangereuse, trop faiblement efficace, ou sans efficacité prouvée.

  Automédication : la © Fournis par Francetv info

Selon une analyse menée pour le hors-série de novembre de 60 Millions de consommateurs par le pharmacologue Jean-Paul Giroud et la pharmacienne Hélène Berthelot, un tiers des 62 traitements d’automédication les plus vendus ne justifient pas que l’on sorte le porte-monnaie. Par souci de ne pas froisser le lecteur, les auteurs disent de certains de ces produits qu’ils "conviendr[ont] aux personnes recherchant des médicaments alternatifs, sans effets indésirables"… Néanmoins, le message reste clair : selon les pharmacologues, les bénéfices de ces produits sont purement spéculatifs – sauf pour ceux qui les commercialisent.

"Prendre un antirhume m'a valu un passage aux urgences" : ils ont failli mourir à cause d'un médicament délivré sans ordonnance

  Dans sa dernière étude, le magazine "60 Millions de consommateurs" a alerté sur les effets indésirables des antirhumes. Franceinfo a interrogé des personnes qui ont eu des soucis de santé après la prise de ces médicaments délivrés sans ordonnance. © Fournis par Francetv info "J'ai eu un patient qui serait mort si on n'avait pas été là. Et tout cela pour un antirhume,"rapporte à franceinfo un médecin qui préfère rester anonyme. Urgentiste pendant deux ans, il a eu à prendre en charge trois patients de moins de 35 ans pour des douleurs thoraciques.

Voici la liste des 28 médicaments " à proscrire", selon 60 Millions de consommateurs , en raison de leur rapport bénéfice-risque défavorable en automédication . • Diarrhée : Ercéfuryl. • Constipation : Contalax ; Dragées Fuca ; Pursennide.

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28 médicaments "à proscrire"

Les auteurs pointent du doigt 28 médicaments dont le rapport bénéfice/risque est "défavorable". "En bonne place de cette liste noire figurent des « stars anti-rhume »", commente la revue 60 millions de consommateurs.Parmi eux : Actifed® Rhume Jour & Nuit, Actifed® Rhume, Dolirhume® Paracétamol et Pseudoéphédrine, Nurofen® Rhume, Rhinadvil® Rhume Ibuprofène/Pseudoéphédrine, Humexlib® Paracétamol Chlorphénamine, Bronchokod®, Exomuc® toux grasse, Fluimicil®, Hexaspray®, Humex® toux sèche oxomémamzine, Humex® mal de gorge Lidocaïne-Benzalkonium, Strefen®, Strepsil® Lidocaïne, Strepsil® miel citron, Mucomyst® toux grasse, Toplexil®, Angi-Spray®, Colludol®, Drill® et Drill® miel rosat, Fervex® état grippal, Actifed® état grippaux, Doli® état grippal, Ercéfuryl®, Dulcolax®, Dragées Fuca®, Pursennide®. "Leur point commun : un cocktail de 2 à 3 composés actifs : un vasoconstricteur (nez bouché), un antihistaminique (nez qui coule) et du paracétamol ou de l’ibuprofène (mal de tête). Ces tout-en-un cumulent des risques de surdosage et d’effets indésirables gravissimes".

Japon : une "veuve noire", millionnaire, condamnée à mort pour le meurtre de ses trois époux

  Japon : une Chisako Kakehi, 70 ans, avait été surnommée la "veuve noire", en référence à cette araignée dévorant les mâles après l'accouplement.

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"Un bazooka à la disposition des malades"

La présence d’anesthésiques dans les traitements du mal de gorge sont dénoncés en raison de temps de contact trop court entre la substance active et les zones irritées. "En somme pour décongestionner un nez bouché, on met un bazooka à la disposition des malades", selon 60 millions de consommateurs. "Cette substance expose à des risques d'accidents cardio-vasculaires et d'AVC" explique le Pr Giroud. "Ils devraient êtrs retirés du marché" selui lui. Concernant les traitements contre les "états grippaux", les auteurs identifient de nombreuses substances "dont la présence n’est pas justifiée", impliquant que les patients sont exposés à risques inutiles.

Treize traitements utiles selon la revue

Seuls 21% des médicaments passés au crible par l'étude sont "à privilégier". C'est le cas de Vicks vaporub®, Imodiumcaps®, Gaviscon® menthe, Forlax® 10G ou encore Maalox® sans sucre. Mais ces rares traitements à disposer d’un rapport bénéfice/risque favorable selon les spécialistes ne sont pas exempts de critique. Certains sont jugés avoir un prix "élevé" ou "exagéré", tandis que beaucoup présentent de nombreuses contre-indications (antécédents de convulsion, grossesse, allaitement, enfants de moins de 12 ans, insuffisance rénale…). Il apparaît donc indispensable de toujours lire la notice, pour vérifier que le traitement en libre-accès est bien adapté à votre cas.

"Malheureusement, les spécialités accessibles sans ordonnance échappent souvent au radar de la pharmacovigilance", déplore la revue, invitant les utilisateurs à utiliser la plateforme de signalement national (signalement-sante.gouv.fr).

la rédaction d'Allodocteurs.fr

Dans ce hors-série, la revue de consommateurs note que "des médicaments spécialement conçus pour le marché de la vente libre sont proposés à des prix bien plus élevés que leurs équivalents remboursables sur prescription". Quand un médicament est déremboursé, son prix augmenterait "en moyenne de 43% et peut même s’envoler jusqu’à 300%" !

Cancer : Incyte parie sur la disparition de la monothérapie .
La biotech américaine a fait des combinaisons de médicaments son cœur de stratégie. Une nécessité pour traiter plus efficacement les cancers et faire face aux mutations des cellules tumorales, d'après son PDG Hervé Hoppenot. Adoptée par de plus en plus de laboratoires pharmaceutiques, ces associations de médicaments posent la question de l'augmentation des coûts pour les systèmes de santé. En plus de 30 ans de carrière consacrée à la recherche et au développement de produits en oncologie, Hervé Hoppenot a connu les creux et vagues d'innovations dans ce domaine thérapeutique.

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