Finance Affaire Lafarge en Syrie: l'ex PDG Bruno Lafont en garde à vue

17:58  07 décembre  2017
17:58  07 décembre  2017 Source:   challenges.fr

Syrie : 53 civils tués par des raids aériens russes

  Syrie : 53 civils tués par des raids aériens russes Les raids aériens, menés à l'aube, ont frappé "des bâtiments résidentiels" dans un village tenu par l'Etat islamique, dans la province de Deir Ezzor. © Fournis par Francetv info Au moins 53 civils, dont 21 enfants, ont été tués en Syrie, dimanche 26 novembre, par des frappes de l'aviation russe sur un village tenu par le groupe Etat islamique (EI) dans l'est du pays, a annoncé l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

L ’ ex - PDG Bruno Lafont et un autre dirigeant ont été mis en examen vendredi pour « financement d’une entreprise terroriste », tout comme l ’ ex -directeur général M. Lafont , PDG du cimentier Lafarge de 2007 à 2015, et Christian Herrault, ex-directeur général adjoint chargé notamment de la Syrie , ont

Bruno Lafont, l'ex-directeur général Eric Olsen, DRH à l'époque des faits, et l'ex-directeur général adjoint opérationnel, Christian Herrault, sont arrivés en milieu de matinée dans les locaux des douanes judiciaires (SNDJ) à Ivry-sur-Seine.

Bruno Lafont © Fournis par www.challenges.fr Bruno Lafont

La direction française de Lafarge savait-elle que sa filiale syrienne a contribué au financement de l'Etat islamique pour pouvoir rester dans le pays en guerre? Trois responsables du cimentier, dont l'ex-PDG Bruno Lafont, ont été placés mercredi en garde à vue.

Bruno Lafont, l'ex-directeur général Eric Olsen, DRH à l'époque des faits, et l'ex-directeur général adjoint opérationnel, Christian Herrault, sont arrivés en milieu de matinée dans les locaux des douanes judiciaires (SNDJ) à Ivry-sur-Seine, a-t-on appris de sources proches du dossier. Ils ont été placés en garde à vue, a précisé une source judiciaire et pourraient ensuite être présentés aux juges d'instruction en vue d'une éventuelle mise en examen.

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Trois responsables de Lafarge , dont l ' ex - PDG Bruno Lafont , étaient mercredi devant les enquêteurs pour être interrogés sur les activités en Syrie du cimentier, soupçonné d'avoir indirectement financé l'organisation Etat islamique, selon plusieurs sources proches du dossier.

L ' ex - PDG Bruno Lafont et un. M. Lafont , PDG du cimentier Lafarge de 2007 à 2015, et Christian Herrault, ex-directeur général adjoint chargé notamment Les deux dirigeants avaient été placés en garde à vue mercredi dans les locaux du Service national de douane judiciaire (SNDJ) avec Eric Olsen.

Vendredi, deux anciens directeurs de la filiale syrienne (Lafarge Cement Syria, LCS), Bruno Pescheux et Frédéric Jolibois, et le directeur de la sûreté du groupe, Jean-Claude Veillard, ont été mis en examen pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "financement d'une entreprise terroriste".

Pour pouvoir continuer à faire tourner son usine de Jalabiya (nord du pays), le cimentier, qui a fusionné avec le Suisse Holcim en 2015, est soupçonné d'avoir pactisé avec des groupes jihadistes, notamment avec l'EI: il lui aurait acheté du pétrole, en violation de l'embargo décrété par l'Union européenne en 2011, et lui aurait fait remettre de l'argent via un intermédiaire, Firas Tlass.

De juillet 2012 à septembre 2014, LCS a versé environ 5,6 millions de dollars à diverses factions armées dont l'organisation d'Abou Bakr al-Baghdadi, d'après un rapport, rédigé en avril à la demande de LafargeHolcim par le cabinet américain Baker McKenzie et dont l'AFP a eu connaissance.

Lafarge en Syrie: un cadre mis en examen

  Lafarge en Syrie: un cadre mis en examen Le cimentier français Lafarge est soupçonné d'avoir pactisé avec Daech. Le directeur de la cimenterie de Lafarge en Syrie à partir de l'été 2014 est poursuivi pour "financement d'une entreprise terroriste". Deux autres cadres du groupe ont été présentés vendredi aux juges d'instruction en vue d'une éventuelle mise en examen. Un premier cadre du cimentier Lafarge, soupçonné d'avoir indirectement financé des organisations jihadistes, dont le groupe Etat islamique, pour se maintenir en Syrie malgré la guerre, a été mis en examen vendredi 1er décembre, a-t-on appris auprès de son avocat.

Deux autres ex-responsables de Lafarge , dont l ' ex - PDG Bruno Lafont , sont toujours en garde à vue . Il est aussi reproché à LCS de ne pas avoir assuré la sécurité de ses employés syriens, restés seuls sur place alors que la direction de l'usine avait quitté la Syrie à l'été 2012.

A la suite de cette affaire , l ' ex PDG de Lafarge a renoncé à présider le pôle développement durable du Medef et a remis sa démission à Pierre Gattaz. ↑ « Lafarge en Syrie : l ’ ex - PDG Bruno Lafont et deux autres responsables en garde à vue », leparisien.fr,‎ 2017-12-06cet23:30:40+01:00 (lire en ligne).

Lafont "régulièrement informé"

Les enquêteurs cherchent à savoir si la direction du groupe en France a été informée de telles pratiques. Début 2017, le SNDJ avait entendu plusieurs cadres et hauts responsables. Trois d'entre eux avaient reconnu des versements litigieux, dont Christian Herrault. "Soit on acceptait le racket, soit on partait et on organisait le repli", avait souligné l'ex-directeur adjoint, selon une source proche de l'enquête.

"Herrault a déclaré avoir régulièrement informé Bruno Lafont de ces questions avant juillet 2014 et que Lafont n'avait émis aucune objection à l'époque", relève de son côté le cabinet Baker McKenzie. Son témoignage pèse lourd: Christian Herrault, bras-droit de M. Lafont, travaillait au coeur de l’état-major à Paris.

L'ex-PDG a toujours démenti avoir eu connaissance de tels agissements. "Pour moi, les choses étaient sous contrôle. Si rien ne me remontait, c'est que rien de matériel ne se produisait", avait-il assuré en janvier aux enquêteurs du SNDJ.

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Le parquet de Paris a requis et obtenu la mise en examen ainsi que le placement en détention provisoire de Bruno Lafont , PDG de Lafarge de 2007 à 2015, et a demandé que Christian Herrault, ex -directeur général adjoint chargé de plusieurs pays dont la Syrie , soit soumis à un contrôle judiciaire.

La direction française de Lafarge savait-elle que sa filiale syrienne a contribué au financement de l'Etat islamique pour pouvoir rester dans le pays en guerre? Trois responsables du cimentier, dont l ' ex - PDG Bruno Lafont , ont été placés mercredi en garde à vue .

Dans un rapport accablant pour la maison-mère, les douanes judiciaires ont conclu qu'"il serait tout à fait étonnant que M. Lafont n'ait pas demandé à son équipe de direction d'avoir un point précis de la situation d'une cimenterie dans un pays en guerre". Il "devait rendre forcément des comptes à des actionnaires", ajoutaient les enquêteurs.

Quel rôle pour les autorités françaises?

Les investigations s'attachent aussi à déterminer si le groupe a tout fait pour assurer la sécurité des employés syriens de la cimenterie qui avaient notamment dû s'enfuir par leur propres moyens quand l'EI avait finalement pris le contrôle du site en septembre 2014.

Eric Olsen a "participé pleinement aux discussions concernant la sécurité de l'usine LCS", souligne le cabinet Baker McKenzie. Ce dernier, devenu directeur général de LafargeHolcim en 2015, a démissionné en avril à la suite de cette affaire.

Les enquêteurs tentent enfin de déterminer le rôle qu'aurait pu jouer les autorités françaises, alors que plusieurs protagonistes ont indiqué avoir été en contact régulier avec le ministère des Affaires étrangères et la DGSE, les services de renseignements extérieurs. "Le quai d'Orsay nous dit qu'il faut tenir, que ça va se régler", avait notamment déclaré Christian Herrault devant le SNDJ.

L'enquête est menée depuis juin au pas de charge par deux juges d'instruction du pôle financier et un juge antiterroriste. Une vaste perquisition a eu lieu les 14 et 15 novembre au siège du cimentier à Paris. LafargeHolcim a dit à plusieurs reprises regretter et condamner "les erreurs inacceptables" qui ont été commises.

(Avec AFP)

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